vendredi, janvier 28, 2005

Exposition II

Un bar. Une nuit.

Du dehors, premier regard. Première lueur d'univers à part.
Arrêté. Suspendu... Un autre endroit. Un endroit autre.
Derrière les transparences, des visages. Des âmes.
Souvent moins précises.

Reflets.

Tanière tamisée. Refuge. Repaire repère. Halte. Abri. Échouerie. Antre...





Entre...

Sons et lumières. Fond de bruits. Notes. Mots épars. Ça et là, des mains qui se tendent. Quelques sourires. Quelques chaleurs. Re-connaissances.

Devant, s'allonge les plaisirs. S'étire le temps.

L'oeil s'attarde. Choisit. Décide du rythme.
Les couleurs se mélangent, les langues se délient.
Le goût de l'autre monte à la bouche.
Le plus beau de l'ivresse, c'est l'instant précis où on en a envie.

L'heure philosophe, cancanne ou déride. Les flammes flamenquent avec les cigarettes.
Danses. Fumées.

Les mains miment les mots qui s'escamottent, les fils qui s'emmêlent, se perdent ou se retrouvent.
Lentement le voyageur oublie son périple, ce n'est plus une escale, c'est le port d'attache.
Le seul endroit qui vit. Le seul à être.

Plus loin, un autre ballet, une autre musique.
Petites messes entre amis. Jauges des inconnus. Affrontements feutrés.
Le social s'hiérarchise...

Qui du fleuret, qui du canon. Les armes varient dans ces étranges prés. Les morts y sont bien portants. Égratignés parfois. Qui en redemandent.



Ici, les indifférences se côtoient sans malice. Chacun rêve ce qu'il veut. Peut.
Territoire multiple, tribus hétéroclites qui s'entremêlent. Se mélangent parfois.

Le temps d'un soupir, d'un désir ou d'un pourquoi pas..


Survient alors ce monde que l'on refait, ces choses que l'on corrige. Corrigera. Demain.

Qu'importe la portée, la note semble juste. L'air nouveau.

Qu'importe aussi. si souvent, ces chemins qui montent, ses pensées qui s'élèvent,
ne mènent au fond qu'à pas très loin?

Au moins ces quelques pas, même refaits de fois en fois, ont-ils la grâce de se croire. Va savoir.


Le dehors existe toujours.
Tout près. Si détaché de ceux du dedans.

Dehors.
Qui regarde, inexorable. Qui les attend...


Demain...

Photos et dessin: Moi

Merci à Benoît Fortier pour le "support technique"...